cucurbita_moschata_duchesne

12.5.2018 CHF 4.00 courge musquée de Provence
12 mai 2018, JARDINS EN FÊTE au Château de Coppet, Coppet (VD)
Le Jardin des senteurs, Jardin des senteurs, Neuchâtel

C’est une ancienne variété originaire du sud de la France. Elle produit des fruits de 8 à 20 kg en moyenne. La chair ferme est très sucrée et parfumée. Elle est utilisée pour faire des gâteaux, des soupes ou des confitures. Les fruits peuvent être ramassés vert, vers fin septembre et finir de murir sans problème à l’intérieur et sans perte de qualité. Espèce sans catalogue (3 GRAMMES = +/- 14 GRAINES)
Ancienne varitét du Sud de la France

La courge musquée de Provence est un légume oublié présentant une chair rouge orangée, riche en glucides, tendre juteuse, fruitée, très peu filandreuse. De type Moschata les plants sont très vigoureux et coureurs, dont les tiges sont munies de vrilles. Ils supportent très bien les grosses chaleurs.
PRÉPARATION DU SOL

Avant le semis, préparer le sol sur une profondeur de 30 cm au niveau des poquets avec une fumure complète (terreau et compost).

courge musquée de Provence

Cucurbita moschata Duchesne

Protologue
Essai Hist. Nat. Courges : 7, 15–16 (1786).
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Famille
Cucurbitaceae
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Nombre de chromosomes
2n = 40
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Synonymes
Cucurbita pepo L. var. moschata Lam. (1786).
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Noms vernaculaires
Courge musquée, giraumon (Fr). Musk pumpkin, pumpkin, musky gourd, winter squash (En). Abóbora moscata, abóbora almiscarada (Po). Mboga (Sw).
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Origine et répartition géographique
Le genre Cucurbita est originaire d’Amérique centrale et du Sud. L’ancêtre sauvage de Cucurbita moschata est toujours inconnu, mais de récentes recherches sur les relations phylogénétiques entre les taxons sauvages et domestiqués de Cucurbita, basées principalement sur des données ADN, suggèrent qu’il sera probablement découvert dans les basses terres du nord de l’Amérique du Sud. Les témoignages archéologiques sur l’association de Cucurbita cultivées avec l’homme remonte à 5000 ans avant J.-C. Après la découverte du Nouveau Monde, les courges cultivées ont été introduites dans l’Ancien Monde. A partir du XVIIe siècle, elles se sont répandues partout dans les régions tropicales et subtropicales. Cucurbita moschata est l’espèce de Cucurbita la plus tolérante à la chaleur et la plus commune en Afrique tropicale. Elle est très probablement cultivée dans tous les pays d’Afrique tropicale, mais est plus importante en Afrique australe qu’en Afrique de l’Est et de l’Ouest.
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Usages
La courge musquée est un légume utilisé aussi bien pour ses fruits que pour ses feuilles, mais les fleurs sont également consommées. Le produit le plus commun et apprécié dans la plupart des pays africains est le fruit mûr cuit. Le fruit est également apprécié pour la confection de gâteau de courge et en Asie du Sud-Est, on en fait des sucreries et des desserts, avec par exemple la chair du fruit cuite à la vapeur avec de la noix de coco râpée et du sucre, ou bien des galettes croustillantes obtenues en faisant frire la chair cuite à la vapeur et mélangée avec de la farine de manioc. En Zambie, la chair du fruit mûr est séchée pour en allonger la conservation.
Les feuilles jouent un rôle important spécialement en Afrique australe pendant la saison des pluies où elles constituent un légume-feuilles essentiel. Pour préparer les feuilles de courge, on en retire d’abord les nervures principales et les vrilles, puis on les coupe en lanières et on les cuit. On ajoute d’autres ingrédients, comme du beurre de cacahuètes, de l’huile de friture, des oignons, des tomates et des épices. En Zambie, 40% des ménages utilisent les feuilles de courge comme plat d’accompagnement pendant la saison des pluies. Dans le Mashonaland de l’Ouest et d’autres régions du Zimbabwe, les feuilles de courge sont le légume-feuilles le plus apprécié.
Au Cameroun et dans d’autres régions d’Afrique centrale et de l’Ouest, Cucurbita moschata est cultivée surtout pour ses graines mûres. Celles-ci sont d’abord grillées, décortiquées, puis écrasées en une pâte consommée avec le plat principal. Les graines grillées avec ou sans leurs enveloppes sont aussi salées et mangées comme amuse-gueule. Le potentiel des graines comme source d’huile végétale n’a pas été totalement exploité. L’huile des graines est comestible et utilisée comme combustible.
Cucurbita moschata a plusieurs utilisations médicinales en Thaïlande et en Chine. Les graines fraîches écrasées sont utilisées comme antihelminthique et aussi appliquées sur des infections cutanées ou des inflammations.
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Production et commerce international
Dans les statistiques de la FAO, la production mondiale de courges (toutes espèces de Cucurbita confondues) en 2000 atteignait 16,0 millions de t sur 1,3 millions d’ha ; la production africaine est estimée à 1,8 millions de t sur 140 000 ha, correspondant à un rendement moyen de 12,8 t/ha. Ces données sont très incomplètes et ne reflètent que la production de 16 pays africains, dont 9 en Afrique tropicale. Aucune information détaillée par espèce ou par pays n’est disponible. Le commerce international de feuilles, de fruits ou de graines de courge est négligeable ou inexistant, mais au niveau national les feuilles et les fruits, et souvent les graines, sont des produits importants sur les marchés locaux.
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Propriétés
La composition des fruits de courge par 100 g de partie comestible (67% de l’aliment acheté, soit la chair seule pelée grossièrement, sans les graines) est la suivante : eau 95,0 g, énergie 55 kJ (13 kcal), protéines 0,7 g, lipides 0,2 g, glucides 2,2 g, fibres 1,0 g, Ca 29 mg, P 19 mg , Fe 0,4 mg, βcarotène 450 μg, thiamine 0,16 mg, riboflavine : traces, niacine 0,1 mg, folate 10 μg, acide ascorbique 14 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991).
La composition des feuilles de courge par 100 g est la suivante : eau 89,2 g, énergie 113 kJ (27 kcal), protéines 4,0 g, lipides 0,2 g, glucides 4,4 g, fibres 2,4 g, Ca 477 mg, P 136 mg, Fe 0,8 mg, βcarotène 3600 μg, thiamine 0,06 mg, riboflavine 0,32 mg, acide ascorbique 80 mg.
La composition des graines de courge (décortiquées) par 100 g est la suivante : eau 5,5 g, énergie 2331 kJ (555 kcal), protéines 23,4 g, lipides 46,2 g, glucides 21,5 g, fibres 2,2 g, Ca 57 mg, P 900 mg, Fe 2,8 mg, thiamine 0,15 mg, niacine 1,4 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968).
Toutes les cucurbitacées contiennent des hétérosides triterpéniques appelés cucurbitacines. Ces composés sont présents dans toutes les parties de la plante à différentes concentrations. S’ils sont concentrés dans la partie comestible, ils lui donnent un goût amer. Les propriétés médicinales de la courge musquée peuvent être attribuées à ces cucurbitacines, qui peuvent être également toxiques. Aux Etats-Unis la cucurbitacine B est utilisée comme stimulant alimentaire dans la lutte contre la chrysomèle des racines du maïs Diabrotica virgifera.
Des essais cliniques en Thaïlande ont confirmé que des extraits de graines peuvent tuer les ténias et les schistosomes (douves du sang). Des tests au Japon sur des souris suggèrent que les extraits de Cucurbita moschata peuvent être utiles pour la suppression d’anticorps dans certains désordres allergiques.
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Falsifications et succédanés
Pour l’utilisation des fruits, des feuilles et des graines, Cucurbita moschata peut être remplacée par Cucurbita maxima Duchesne, bien que les feuilles de Cucurbita maxima soient considérées comme un peu grossières, cette caractéristique disparaissant à la cuisson. Les graines d’egousi (Cucumeropsis mannii Naudin et Citrullus lanatus (Thunb.) Matsum. & Nakai) sont les graines de cucurbitacées les plus couramment consommées.
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Description
Plante herbacée annuelle, grimpante, très ramifiée, grimpant par des vrilles latérales à 3–4 ramifications ; tiges anguleuses à angles obtus, très coureuses, pubescentes au début, s’enracinant souvent aux nœuds. Feuilles alternes, simples, sans stipules ; pétiole de 9–24 cm de long, cannelé ; limbe à contour largement ovale, 5–7-palmatilobé à lobes peu profonds, de (10–)20–35 cm de diamètre, profondément cordé à la base, à bord denté, muni de poils doux, avec parfois des taches blanches disparaissant à la sénescence, à 3 nervures partant de la base. Fleurs solitaires, unisexuées, régulières, 5-mères, grandes, de 10–20 cm de diamètre, jaune citron à orange foncé ; sépales libres, subulés à linéaires, de 1–3 cm de long ; corolle campanulée, avec des lobes largement étalés ; fleurs mâles à pédicelle long (jusqu’à 16 cm), à 3 étamines à filets libres, anthères généralement conniventes en un long organe tordu ; fleurs femelles à pédicelle court (jusqu’à 3,5 cm), à ovaire infère, ellipsoïde, 1-loculaire, à style épais et 3 stigmates 2-lobés. Fruit : grosse baie globuleuse à ovoïde ou cylindrique, pesant jusqu’à 10 kg, avec une grande variété de couleurs, souvent couverte de taches vertes et de stries grises, avec de petites protubérances verruqueuses ; chair jaune à orange, graines nombreuses ; pédoncule du fruit élargi à l’apex. Graines obovoïdes, aplaties, de 1–2 cm × 0,5–1 cm, habituellement blanches ou fauves, parfois foncées, à surface lisse ou un peu rugueuse et bord proéminent. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 2–3 cm de long ; cotylédons elliptiques, de 2–4 cm de long, cunéiformes à la base, obtus à l’apex, entiers.
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Autres données botaniques
Il n’est souvent pas facile de distinguer les plantes et les fruits de Cucurbita moschata de ceux des espèces apparentées Cucurbita pepo L. et Cucurbita maxima. Le port de la plante est similaire et la forme et la taille du fruit sont variables. La distinction est très facile en observant les différences du pédoncule du fruit, des tiges et des feuilles. Cucurbita moschata a un pédoncule du fruit dur, légèrement anguleux, s’élargissant à l’apex, des tiges dures légèrement cannelées, et des feuilles tendres modérément lobées. Cucurbita maxima a un pédoncule mou, arrondi et non élargi à l’apex, des tiges molles à section circulaire et des feuilles molles, habituellement non lobées. Cucurbita pepo a un pédoncule anguleux parfois légèrement élargi à l’apex, des tiges dures, anguleuses, cannelées et épineuses, et des feuilles épineuses et palmatilobées, souvent profondément découpées.
Il existe de nombreuses variétés locales de Cucurbita moschata, le fruit allant d’une forme cylindrique à globuleuse ou ovoïde. Pour les cultivars améliorés de Cucurbita moschata dans les Amériques, trois groupes de cultivars sont distingués, suivant la forme du fruit :
– Groupe Cheese : fruit déprimé, plus ou moins côtelé, à écorce fauve pâle et chair orange foncé ;
– Groupe Crookneck (Cou-tors) : fruit allongé avec un col courbé ou droit ;
– Groupe Bell (Violon) : fruit en forme de cloche ou cylindrique, comme le cultivar ‘Butternut’.
Bien que les paysans d’Afrique cultivent leurs propres variétés locales, les cultivars améliorés arrivent lentement sur le marché africain.
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Croissance et développement
La graine germe 5–7 jours après le semis. Les plantes forment un système racinaire étendu et fibreux. La croissance est indéterminée ; en conditions favorables, les tiges continueront à s’allonger tant qu’elles peuvent s’enraciner aux nœuds, et elles peuvent dépasser une longueur de 20 m. La floraison débute 35–60 jours après la levée et est plus ou moins continue. Le ratio entre fleurs mâles et femelles est d’environ 20:1. Ce ratio est influencé par les conditions de croissance. Les jours longs et les températures élevées favorisent l’expression du sexe mâle. Le pollen est collant et sa production est abondante. L’anthèse et la pollinisation ont lieu tôt le matin. Les insectes, surtout les abeilles, effectuent la pollinisation ; la pollinisation croisée prédomine. Un à deux fruits se développent par tige. Le fruit mûrit 30–40 jours après la pollinisation. La période de récolte s’étend de 2 à 6 mois après le semis.
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Ecologie
La courge musquée est cultivée sous les tropiques jusqu’à 1800 m d’altitude. Pour une croissance optimale, elle a besoin de températures diurnes élevées, au-dessus de 20°C, et de températures nocturnes au-dessus de 14°C. Elle est presque insensible à la photopériode ou présente une légère réaction de jours courts, et peut être cultivée tout au long de l’année, bien qu’elle soit habituellement cultivée durant la saison des pluies sans aucune irrigation. Elle tolère un peu d’ombrage. La courge musquée n’est pas très exigeante au niveau des conditions de sol et peut être cultivée sur presque tout sol raisonnablement fertile, bien drainé et à pH neutre à légèrement acide (5.5–6.8). Elle est assez tolérante à la sécheresse, mais sensible au gel et à l’asphyxie racinaire. Une humidité excessive pendant la saison des pluies stimule le développement de maladies fongiques et bactériennes, provoquant le dépérissement des feuilles, le flétrissement et la pourriture des fruits.
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Multiplication et plantation
La courge musquée est multipliée par graines (le poids de 1000 graines est d’environ 200 g). Comme elle s’enracine aux nœuds, elle peut être multipliée par boutures, mais cette méthode n’est pas pratiquée sauf dans un but de recherches. Les producteurs sèment en petites buttes (avec un trou de plantation) à plat ou sur des planches surélevées, à 2–4 graines par butte. La plante peut être semée en pots et les plants transplantés au champ lorsqu’ils ont atteint une taille d’environ 10 cm, mais le semis direct est généralement pratiqué. La distance de plantation est en général de 2 m × 2 m, donnant une densité de population de 2500 buttes/ha. Le besoin en graines est de 2–3 kg/ha, mais beaucoup de paysans en utilisent bien plus, jusqu’à 7 kg/ha. Grâce à l’aptitude de la plante à se ramifier et à ramper, la densité optimale de plantation est souple ; le nombre de buttes (avec 1–4 plantes/butte) varie de 600 à 4000 par ha. Les types ‘Butternut’ sont souvent cultivés à un espacement de 120 cm × 50–70 cm. Une plantation dense assure une couverture du sol et une élimination des adventices plus rapide.
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Gestion
Le système de culture traditionnel de la courge musquée pour la production de feuilles ou de fruits est la culture associée dans les champs de maïs ou de sorgho. Elle est aussi plantée sur des termitières, des emplacements fertiles de fermes abandonnées et des enclos à bétail. La culture pure est le système approprié pour la production commerciale de cultivars améliorés, mais dans les pays africains elle est encore à ses débuts. La courge musquée vient bien sur des matières organiques et se trouve souvent sur des tas d’ordures. La culture répond bien à des applications de fumiers et à des compléments de lisier. Selon la fertilité du sol, les applications suivantes sont recommandées : 50–100 kg/ha N, 20–40 kg/ha P et 40–80 kg/ha K durant la phase végétative. Une partie des minéraux peut être appliquée en fumure de couverture de NPK 10–10–10, par ex. 50 kg/ha à la première mise à fruit. Une irrigation devrait être effectuée en situation sèche, par ex. 50 mm par semaine. Parfois les plantes sont épointées pour contrôler la croissance et favoriser la ramification.
En culture intensive en Asie du Sud-Est, les pratiques culturales recommandées préconisent le paillage plastique, l’épointage pour favoriser la ramification et la croissance, l’emballage des fruits dans du papier pour les protéger contre la mouche des fruits, et parfois même la pollinisation manuelle pour augmenter la fructification.
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Maladies et ravageurs
De nombreux ravageurs et maladies affectent Cucurbita moschata, mais seuls quelques-uns posent de réels problèmes. La maladie des taches foliaires causée par le champignon Alternaria cucumerina peut provoquer la défoliation et la mort des plantes affectées en quelques semaines. Ce champignon provoque également la pourriture des fruits. Dans les plantes affectées, de petites taches nécrotiques rondes et blanchâtres, présentant ensuite des cercles concentriques, apparaissent sur les vieilles feuilles ; elles deviennent grises et jaunes et se dessèchent. L’utilisation de graines saines, l’élimination des débris de plantes et la rotation des cultures sont des moyens de contrôler la maladie. Le chancre gommeux des tiges et la pourriture noire des fruits provoqués par Didymella bryoniae (anamorphe : Phoma cucurbitacearum) sont partout une cause grave de perte de récolte. Les nœuds avec des fruits presque mûrs sont attaqués en premier, ils deviennent vert huileux et exsudent un jus qui donne des gouttes de gomme. La tige flétrit au-delà de la zone affectée. Le champignon provoque aussi la fonte des semis et le chancre du pédoncule. La lutte est possible en utilisant des graines saines, des fongicides à action préventive (comme le mancozèbe) et la rotation des cultures. Aucun cultivar n’a été signalé comme résistant. Le mildiou provoqué par Pseudoperonospora cubensis peut devenir une maladie dévastatrice si l’humidité de l’air est élevée. Il commence sur de vieilles feuilles par des taches anguleuses vert-pâle à jaunâtres, délimitées par les nervures des feuilles. La surface inférieure est couverte par une fine couche violacée constituée par les conidies et la feuille entière s’enroule vers le haut et meurt. Le mildiou peut être combattu par un grand espacement, un bon drainage, une bonne aération et la rotation des cultures. Une résistance a été découverte en Inde. La fusariose (Fusarium oxysporum) provoque le jaunissement des feuilles suivi par le flétrissement et le rabougrissement des tiges ou de la plante entière. La lutte est possible en utilisant des semences saines, en éliminant les débris, en pratiquant la rotation des cultures et en évitant une fertilisation azotée excessive. Des résistances ont été observées. L’anthracnose provoquée par Colletotrichum lagenarium est une maladie destructrice au niveau mondial. Elle provoque la défoliation et des lésions sur les fruits. Des températures diurnes de 26–30°C combinées avec des températures nocturnes de 18–20°C et des pluies intermittentes sont favorables au développement de la maladie. Le traitement des semences et l’application de fongicides systémiques peuvent constituer une méthode de lutte efficace. L’oïdium (Erysiphe cichoracearum) peut survenir lorsque l’humidité est faible. Le dessus des feuilles est couvert par le feutrage blanc du champignon, les feuilles deviennent jaunâtres et se dessèchent. Des fongicides permettent de lutter contre la maladie, et une résistance a été trouvée. Les autres maladies sont la nuile grise (Cladosporium cucumerinum) provoquant de petites taches sur toutes les parties de la plante, et la pourriture humide (Choanephora cucurbitarum) provoquant la pourriture du fruit. Les principales maladies à virus sont la mosaïque du concombre (CMV), le virus des taches en anneau de la papaye (PRSV-W), le virus de l’enroulement de la feuille de courge (SLCV), la mosaïque de la pastèque (WMV-2) et la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV). Ces virus apparaissent souvent en combinaison. Ils sont transmis par infection mécanique, par les insectes et probablement en partie par la semence. Le risque de contamination peut être réduit en maintenant la population des insectes vecteurs (pucerons, mouches blanches et thrips) à un niveau bas. Une résistance partielle est présente chez certains cultivars. Le cultivar ‘Batangas Native’ (de type Butternut) aux Etats-Unis est résistant au CMV. Les cultivars philippins ‘Arjuna F1’ et ‘Oringo F1’ (East West Seed Company) sont très tolérants aux virus.
Les dégâts dus aux insectes sont rarement graves chez la courge musquée. Les mouches blanches (par ex. Bemisia spp.) et les araignées rouges (Tetranychus spp.) peuvent causer des dégâts. Les mouches blanches provoquent une coloration argentée des feuilles. Les coccinelles Epilachna mangent les feuilles et peuvent causer des dégâts sur les jeunes plantes. La coccinelle de la courge Henosepilachna elaterii est notée comme un ravageur important au Soudan.
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Récolte
L’élongation de la tige apporte une bonne quantité de feuilles, qui sont enlevées au fur et à mesure. Lorsqu’elle est cultivée comme légume-feuilles, les troisième et quatrième feuilles sont habituellement récoltées, tandis qu’on laisse pousser la pointe et les deux premières feuilles pour permettre la croissance. Les jeunes feuilles et les pousses sont coupées en fonction des besoins. La récolte de feuilles peut commencer 6 semaines après le semis et s’échelonner pendant au moins 2 mois à raison d’une récolte par semaine. Il faut s’efforcer de ne pas piétiner les tiges. Les fleurs mâles sont parfois récoltées pour être consommées.
Les fruits de la courge musquée sont cueillis lorsqu’ils sont presque ou complètement mûrs 4–6 semaines après la floraison, et sont récoltés en plusieurs passages jusqu’à la fin de la culture, 90–180 jours après la plantation. Certains agriculteurs laissent les fruits posés sur les champs pendant des semaines. Les graines sont extraites lorsque les fruits sont consommés. Certaines sont conservées pour les futurs semis et d’autres sont utilisées comme aliment.
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Rendements
Le nombre de fruits mûrs récoltés par plante est faible, et le poids des fruits individuels peut varier grandement de 1–10 kg, surtout suivant le cultivar. En cas de faibles intrants, le rendement est d’environ 5 t/ha ; avec plus de soins culturaux, un rendement de 15 t/ha est raisonnable. Avec des cultivars améliorés on peut atteindre 30 t/h. Le rendement moyen en feuilles est de 2 t/ha par cueillette, ou d’environ 20 t/ha pendant une période de récolte de 2 mois. Le rendement en graines est variable, et peut atteindre 300–500 kg/ha. Pour la production de semences, l’isolement de la culture de courge musquée d’autres espèces de Cucurbita est recommandée, non seulement pour maintenir la pureté de la semence, mais aussi pour obtenir un rendement maximal, étant donné que le pollen d’autres espèces peut réduire la nouaison et engendrer des fruits parthénocarpiques. Si l’on suit des procédures correctes d’extraction de graines, les fruits mûrs sont fendus en deux et les graines sont recueillies, fermentées, lavées, nettoyées et séchées.
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Traitement après récolte
Comme les feuilles de courge musquée sont hautement périssables, de nombreuses personnes préfèrent les cultiver dans leur propre jardin, plutôt que de les acheter au marché. Lorsqu’elles sont produites pour la vente sur les marchés locaux, les feuilles sont liées en bottes et maintenues humides, par ex. sous un sac de jute. Les feuilles sont souvent stockées séchées. Dans ce but, elles sont découpées en petits morceaux et étalées à l’air pour sécher pendant 1–2 jours en fonction des conditions atmosphériques. Les feuilles sèches sont stockées en récipients et utilisées pendant la saison sèche. Les fruits peuvent être stockés pendant de longues périodes sur des étagères lattées avec une bonne ventilation, le type Butternut au minimum pendant un mois, les grosses courges pendant plusieurs mois ; le stockage à 10–16°C et 70% d’humidité est le plus approprié. En entrepôt frigorifique, les dommages dus au froid apparaissent à des températures inférieures à 10°C. La chaire de courge musquée peut aussi être séchée en lanières pour une utilisation ultérieure en soupes et ragoûts.
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Ressources génétiques et sélection
Les espèces de Cucurbita sont bien représentées dans les collections de ressources génétiques de Cucurbitaceae de plusieurs institutions partout dans le monde. Le National Seed Storage Laboratory (NSSL) à Fort Collins (Colorado, Etats-Unis), et l’Institut Vavilov (VIR) à Saint-Pétersbourg (Russie) entretiennent des collections de base importantes. De grandes collections de Cucurbita moschata sont présentes dans la banque de gènes du NBPGR de New Delhi (Inde), au NPGRL à Los Baños (Philippines), au NIAS à Ibaraki (Japon), à l’INIA à Celaya (Mexique), et au CATIE à Turrialba (Costa-Rica). Peu d’attention a été accordée aux variétés locales africaines. Des cultivars locaux nigérians, connus comme ‘Nigeria Local’ sont utilisés par des sociétés semencières occidentales comme géniteurs pour la résistance aux virus (CMV, PRSV, WMV et ZYMV). Au Malawi, une évaluation de 121 variétés locales de courge musquée a montré une grande variation dans la taille des fruits, la forme et la couleur ; une combinaison de deux caractères, poids moyen du fruit et nombre moyen de fruits par plante, est intéressante pour l’amélioration du rendement. Au Zimbabwe, un grand nombre de provenances locales distinguées par la couleur du fruit, la taille, la dureté de l’écorce, le goût, la texture et la qualité en conservation ont été sélectionnées. Il est urgent de réaliser des prospections systématiques. Cucurbita moschata est une des espèces dont le Southern African Developing Countries Plant Genetic Resources Centre (SPGRC) à Lusaka (Zambie) a la responsabilité.
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Sélection
Cucurbita moschata est naturellement allogame mais auto-compatible, l’autofécondation provoquant peu de perte de vigueur. On a observé un degré considérable d’hétérosis chez des lignées auto-fécondées. La pollinisation manuelle des grandes fleurs se fait facilement. Les sociétés semencières sont peu intéressées à commercialiser des cultivars à pollinisation libre et commercialisent de nombreux hybrides F1. La société Technisem a créé le cultivar F1 ‘Martinica’ spécialement à destination des basses terres tropicales. Le travail de sélection sous les tropiques est rare et très peu de sélection a été signalé en Afrique tropicale. Le cultivar F1 ‘Barbara’ d’Afrique du Sud, de type Butternut, a été introduit en Afrique australe (Zimbabwe, Zambie). Il combine précocité, haut rendement potentiel, résistance aux maladies et haute teneur en carotène. Environ 30 gènes codant pour des caractères qualitatifs ont été décrits chez les espèces cultivées de Cucurbita. Des caractères intéressants sont disponibles chez les espèces sauvages apparentées, comme la résistance à l’oïdium chez Cucurbita lundelliana L.H.Bailey. Une étude des marqueurs moléculaires de 31 variétés locales de Zambie et du Malawi a révélé 4 groupes de génotypes.
Le croisement interspécifique de Cucurbita moschata avec Cucurbita maxima et Cucurbita mixta Pangalo a donné une F1 viable mais une descendance stérile ; avec Cucurbita pepo, des plantes F1 modérément fertiles, les F2 étant stériles ; avec Cucurbita ficifolia Bouché, des fruits sans graines. Une firme japonaise a créé un hybride F1 commercial interspécifique ayant des lignées de Cucurbita maxima et Cucurbita moschata comme parents. Aucune hybridation spontanée entre les cinq espèces cultivées de Cucurbita (Cucurbita ficifolia, Cucurbita maxima, Cucurbita mixta, Cucurbita moschata et Cucurbita pepo) n’a été signalée. Les résultats d’hybridation interspécifique suggèrent que les barrières de stérilité sont géniques plutôt que le résultat d’une absence d’homologie des chromosomes, ce qui signifie que l’hétérozygotie améliore les chances d’obtenir des hybrides interspécifiques.
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Perspectives
Cucurbita moschata est un légume fortement apprécié, à usages multiples, facile à cultiver, à haut rendement potentiel et à haute valeur nutritive. Elle a été négligée par la recherche institutionnelle. En Afrique, les pratiques culturales sont encore extensives et les rendements sont bas ; (pratiquement) aucune sélection pour le rendement, la résistance aux maladies ou la qualité n’a été effectuée. Avec l’introduction de cultivars améliorés, les anciennes variétés locales sont en danger de disparition. La prospection des ressources génétiques de variétés locales africaines mérite la priorité. En plus de l’obtention de cultivars améliorés pour leurs fruits, il faudrait porter attention au potentiel des feuilles et des graines, et à celles-ci comme source végétale de matières grasses et de protéines. Des cultivars hybrides intégrant des gènes de résistance aux virus auraient un grand potentiel.
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Références principales
• Bates, D.M., Robinson, R.W. & Jeffrey, C. (Editors), 1990. Biology and utilization of the Cucurbitaceae. Cornell University Press, New York, United States. 485 pp.
• Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
• Guha, J. & Sen, S.P., 1998. Physiology, biochemistry and medicinal importance. In: Nayar, N.M. & More, T.A. (Editors). Cucurbits. Science Publishers Inc., Enfield NH, United States. pp. 97–127.
• Messiaen, C.-M., 1989. Le potager tropical. 2nd Edition. Presses Universitaires de France, Paris, France. 580 pp.
• Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
• Robinson, R.W. & Decker-Walters, D.S., 1997. Cucurbits. CAB International, Wallingford, United Kingdom. 226 pp.
• Sherf, A.F. & MacNab, A.A., 1986. Vegetable diseases and their control. 2nd Edition. John Wiley & Sons, New York, United States. 728 pp.
• Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
• van Epenhuijsen, C.W., 1974. Growing native vegetables in Nigeria. FAO, Rome, Italy. 113 pp.
• Widjaja, E.A. & Sukprakarn, S., 1993. Cucurbita L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 160–165.
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Autres références
• Blancard, D., Lecoq, H. & Pitrat, M., 1994. A colour atlas of cucurbit diseases: observation, identification and control. Manson Publishing, London, United Kingdom. 299 pp.
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Afriref references
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Sources de l’illustration
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Auteur(s)

• G.J.H. Grubben
Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands
• F. Chigumira Ngwerume
Horticultural Research Centre, P.O. Box 810, Marondera, Zimbabwe

Editeurs

• G.J.H. Grubben
Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands
• O.A. Denton
National Horticultural Research Institute, P.M.B. 5432, Idi-Ishin, Ibadan, Nigeria
Editeurs associés

• C.-M. Messiaen
Bat. B 3, Résidence La Guirlande, 75, rue de Fontcarrade, 34070 Montpellier, France
• R.R. Schippers
De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands
Editeurs généraux

• R.H.M.J. Lemmens
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
• L.P.A. Oyen
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeurs traduction française

• M. Chauvet
Bureau national de PROTA pour la France, Agropolis International, Avenue Agropolis, F-34394 Montpellier, Cedex 5, France
• J.S. Siemonsma
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Editeur des photos

• E. Boer
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Additional references
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Duchesne

L’histoire des curcubitacées

Les courges d’hiver, d’été (zucchinis) et les citrouilles font partie de la grande famille des curcubitacées, tout comme le melon et le concombre. La famille des Cucurbitacées comprend environ 120 genres et plus de 800 espèces.

Les courges sont originaires d’Amérique Centrale où les fruits et surtout les graines étaient consommés par les Indiens. À l’époque, les courges contenaient très peu de chair et servaient principalement d’ustensile de cuisine, d’instruments de musique et même de gourdes pour le transport des boissons.

Si la courge est originaire d’Amérique, c’est surtout en Europe que l’évolution des formes qu’on connaît aujourd’hui a pris forme. C’est à Cuba en 1492 que Christophe Colomb a découvert les courges et c’est en 1535 que Jacques Cartier les a découverts dans les jardins de certains peuples iroquois près de Québec. Antoine Nicolas Duchesne, agronome du Jardin du Roi à Versailles, a repris les noms et organisé la classification de plus d’une centaine de courges du genre Cucurbita, appuyées de 258 dessins, dans son ‘’Histoire naturelle des courges’’ publiée en 1786. Charles Naudin contribua également à distinguer plusieurs espèces de potirons en 1860.

À l’époque, on laissait les courges parvenir à complète maturité avant de les consommer, ce qui améliorait les rendements et facilitait la conservation. Récoltées à l’automne, on les dénomme ainsi courges d’hiver. Les courgettes, également appelées courges d’été, sont apparues au 18e siècle, alors que les Italiens eurent l’idée de consommer une des variétés de courge avant complète maturité. Avant la propagation des courgettes en France au début du 20e siècle, celles-ci portaient jusqu’alors le nom de courge d’Italie. C’est en 1930 que le nom courgette apparut et depuis, ce légume-fruit est un incontournable de la cuisine provençale.
Étymologie

Le mot « courge » vient du latin cucurbita qui a également donné le mot « gourde » en français. Les Anciens ne connaissant pas les courges, découvertes à l’époque de Christophe Colomb à la fin du XVe siècle, le terme cucurbita désignait alors les gourdes, seules connues en Europe à cette époque (également appelées calebasses ou courges bouteilles (genre Lagenaria) Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’utilisation du terme courge a été généralisé en France pour désigner les courges actuelles, une fois la classification botanique relativement stabilisée.

Le mot « citrouille » quant à lui dérive du latin citreum, citron, par analogie de couleur.

Antoine_nicolas_duchesne

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